jeudi 7 novembre 2013

Elections municipales : l’efficacité passe par des « candidats libres »

Publié le 1 novembre 2013 Tribune de Jean-Christophe Fromantin sur le Figaro


Avertissement : Lisez tout l'article, comptez le nombre de fois que les mots "libre" et "liberté" sont écrits et voyez enfin à l'avant dernier paragraphe, l'auteur parle de "subsidiarité" et de "réinitialiser le logiciel politique".

A quelques mois des élections municipales, dans un contexte national de plus en plus confus, nous devons nous interroger sur le sens des élections à venir et sur la contribution que chacun peut y apporter. C’est un enjeu de taille dans notre pays dont l’essentiel de la richesse réside dans les territoires.
C’est la raison pour laquelle, alors que près de 80% des Français disent ne plus faire confiance aux partis politiques, nous ne pouvons plus nous contenter d’aborder ce scrutin en considérant les « étiquettes » comme le marqueur essentiel de nos votes ; nous devons faire preuve de plus de
discernement et aller au-delà d’une lecture partisane des enjeux politiques. Car, si nous voulons bâtir une nouvelle perspective de confiance et redonner un sens à l’action politique, il sera de plus en plus nécessaire de progresser vers la prise en compte des seuls critères qui fondent l’engagement politique : les valeurs, le projet et les compétences au service de nos territoires et de la France.
Aussi, nous pouvons nous inquiéter de la prise en main des élections locales par les partis politiques : une investiture nationale a-t-elle un sens quand il s’agit d’abord de mobiliser des compétences  pour développer nos villages, nos villes ou nos métropoles ? Sommes-nous certains que le mot « rassemblement » a une signification quand on agrège sur une liste des hommes et des femmes, sélectionnés par des partis dont les leaders ne cessent de se disputer des postes ? Ne sommes-nous pas en train d’implanter dans nos territoires les scories de la vie politique nationale au prétexte d’étendre le pouvoir de ceux qui ont fait de la politique un métier ? Alors que les partis sont en crise, les investitures ne mettent elles pas nos villes en situation de devenir des espaces d’affrontement plutôt que des territoires de projet ?
Le renouveau que chacun d’entre nous appelle de ses vœux passe par les responsabilités que chaque citoyen est prêt à prendre dans cette nouvelle approche de la politique. Si nous ne nous interrogeons pas sur notre contribution à l’avenir des territoires au sein desquels nous vivons, alors nous ne pourrons plus nous indigner de la dégradation de la situation économique et du climat social.  Que ce soit comme candidat, comme supporter actif ou comme simple soutien, c’est notre audace, notre implication et notre courage qui permettront de faire émerger des démarches audacieuses et innovantes inspirées par le développement des territoires et la quête du bien commun plutôt que par des calculs politiciens tendus vers la prise du pouvoir.
Privilégions le pouvoir d’agir. Ayons enfin le courage de nous libérer des étiquettes et d’encourager des « candidats libres » : libres de s’engager par rapport à ce qu’ils peuvent apporter à leur territoire plutôt que des avantages que la politique peut leur apporter ; libres de proposer à nos concitoyens des projets concrets, ancrés sur les valeurs auxquelles ils croient, plutôt que sur des slogans creux ou des promesses jamais tenues ; libres de fédérer des talents autour de leur programme plutôt que d’organiser un casting à partir d’ambitions personnelles ou de coalitions improbables entre les partis ; libres de choisir les compétences dont la collectivité a besoin plutôt que de satisfaire des candidats poussés par les états-majors parisiens ; libres de construire une perspective d’avenir plutôt que d’assurer à n’importe quel prix les prochaines échéances  …
Si nous n’engageons pas cet élan de liberté alors la France continuera à s’enfoncer dans une crise de confiance, l’engagement politique perdra progressivement toute sa signification et nos territoires seront de plus en plus les otages de combats politiques, au détriment des rassemblements nécessaires pour construire l’avenir.
Les élections municipales sont une excellente occasion de réinitialiser le logiciel politique et d’inscrire nos engagements dans ce principe de subsidiarité qui a fait la réussite de notre pays. Alors, passons de la critique à la mobilisation, ne laissons pas les partis politiques décider à notre place quel candidat est le meilleur pour gérer nos villes et nos villages.

Rassemblons autour es Elections municipales : l’efficacité passe par des « candidats libres » sur des projets et des compétences, faisons le pari de la liberté pour que vive la démocratie locale.

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